21 déc. 2011

L’ACTEUR QUI A JOUÉ JACQUOUILLE EST UNE MERDE

Le mec qui a joué Jacquouille la Fripouille est une merde. Et je ne tiens pas ça d'une quelconque discussion entre ce pinard médaillé d'or 2009 et mes globules blancs. Lectrice, lecteur, comprends que je ne cite pas le vrai nom de Jacquouille en ce que, juridiquement, je pourrais être emmerdé. Et j’ai pas nécessairement envie de finir en taulCLAVIER, CHRIStiaN CLAVIER, putain, putain désolé chère France c’est sorti tout seul, mais reprenons depuis le début. Hier matin, je me suis levé avec la sale idée d’alimenter le meilleur webzine du monde. J’ai donc décidé d’aller voir le film le plus mal accueilli par la critique, et comme il n’y avait rien de Lagaffe, j’ai dû me rabattre sur le film de Clavier, On ne choisit pas sa famille. Tu le sais, je me méfie beaucoup des critiques ciné, étant davantage sensible aux signes du destin ; alors que je payais ma place, j’ai réfléchi deux secondes. Moi, j’ai trois mentors dans la vie : Booba, Brahms et Bukowski. Où foutre Clavier Christian dans tout ça ? Ouaip, signe infaillible, pas de doute possible, Clavier est bien un putain de C. Je suis entré dans la salle de cinéma.
Ce que j’ai vu, je ne pourrais avec exactitude vous le décrire. Disons que l’on a envoyé des acteurs merdiques tourner la pire comédie de l’année dans un des plus beaux pays du monde. Christian Keyboard, Jean Reno et Muriel Robin en Thaïlande, patrie des éléphants qui peignent, des temples à toits dorés et du vous savez quoi infantile bon marché. Robin joue une lesbienne qui souhaite, avec sa compagne, adopter un chiard en Thaïlande ; problème, la loi a changé là-bas : seuls les couples mariés peuvent repartir avec un gosse sous le bras. C’est là qu’on fait intervenir Clav', le beau-frère beauf-raide de Mumu, qu'on va faire passer pour son mari.

Alors en lisant ça tu pourrais me dire, ouaiiip L.M., là y’a un potentiel, y’a que’que chose, à la limite on change juste les acteurs, le scénar et globalement si on prévoyait de foutre ce casting de chiotte en orbite spatiale jusqu’à la prochaine ère glaciaire, tu me dirais ouaip, y’a un concept, ça fleure vaguement la qualité Henkel, la bonne lessive parfum bébé-lavande qu’on va se prendre dans le fion entre deux épisodes des Experts : Le Havre, et le pire, c'est que je te dirais que tu as probablement raison. Sauf que dans On ne choisit pas sa famille, y'a aucun compromis ma poule. C’est une heure quarante-six minutes de non-rire constant, de mauvaises situations, plus simplement de Christian Clavier, de Muriel Robin, et de Jean Reno.
Je ne suis pas un homme très objectif. Ce ne sont pas tant les mécanismes rouillés de ce film de merde qui me poussent à le considérer comme exceptionnellement mauvais. Ce n'est pas vraiment non plus qu'on fasse passer les Thaïlandos pour des teubés jaunâtres à grandes oreilles qui crachent "Tching tchong" pour tout texte afin de faire marrer la ménagère crypto-raciste. Ni tellement que le centre du scénario, la petite fille à adopter, Maylï (spéciale cassedédi), ne soit vue dans ces cent-six minutes de film qu'environ cinq plans et demi, Clav' préférant cadrer sur ses propres dents pourries. Parce qu'il est clair que les Thaï ont souffert et souffriront de ce film. Clavier me l'a même confié : « La scène où Reno pète la tronche à deux pédés dont un mineur ? Du making-of. ». « On a fini le tournage du film et il faut se séparer de l'adorable petite et de ses copines de l'orphelinat ? J'ai dit à l'équipe : « Foutez-moi tout ça au fleuve », et on est repartis en 4x4 direction l'aéroport. »
Non, disais-je, ce qui m'a fait détester ce film, c'est vraiment la tronche de Clavier et pire, peut-être, celle de Muriel Robin. Avez-vous noté comme moi leur ressemblance frappante ? L'une mâle, l'autre femelle, comme si le non-humour s'était, voilà quelques années, incarné en un être unicellulaire depuis divisé. Par cet article-tranche de papier cul allégorique, demi-cellules, je libère de votre inertie merdeuse nos surfaces mémorielles. Temporairement. Lectrices, lecteurs, bon week-end.

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Fous au moins un pseudo, les anonymes ça nous pète les yeukous.